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26.11.18
Manufacture
FC HEP
26.11.18 Manufacture
FC HEP

    HEP - Traduire-lire-traduire

    Par André Markowicz, traducteur et auteur
    Lundi 26 novembre 2018,
    de 9h à 12h30, 14h à 17h30 / 7 heures
    Journée de formation HEP-VAUD pour enseignants

    ***

    «Traduire (je suis traducteur), c’est d’abord lire. Lire, « littéralement et dans tous les sens». Essayer de comprendre non pas ce que l’auteur a voulu dire — parce que personne ne saura jamais ce que l’auteur a voulu dire, si l’auteur est mort et que, même en lui faisant tourner les tables, sa mort l’empêche de parler, — mais, d’une façon ou d’une autre, par une attention constante à la matérialité du texte, composer sa lecture, aussi rigoureusement que possible. — Donner toute leur chance à chaque mot, à chaque figure de style, remarquer les étrangetés, parce que c’est par elles, généralement, quand on les met en perspective qu’on commence à sentir la voix personnelle, irremplaçable, de l’auteur. Sa façon d’être en nous, en quelque sorte. Chercher les échos, les rappels, les souvenirs. Vous lisez, — vous traduisez, pour vous. Non pas « en vous », ramenant, comme on fait très souvent, autrui à soi. Non, justement, essayer de se faire une idée de l’autre…

    Durant cette journée de formation, nous lirons ensemble. Nous lirons quoi ? Au moment où j’écris, je ne sais pas : peut-être que nous lirons des passages d’une pièce de Shakespeare, — mais dans plusieurs traductions, et en anglais, en essayant de comprendre ce que lisent les traducteurs (ma traduction y comprise) quand ils lisent le texte anglais, parce que, très souvent, on a l’impression qu’ils ne lisent pas le même texte. — Ça ne serait peut-être pas plus mal d’essayer de faire sentir à quel point ce qu’on appelle « Shakespeare » en français est une notion floue — de faire sentir ça concrètement, en comparant. De faire sentir à quel point, en français, et par définition, lisant Shakespeare, on ne lit pas Shakespeare, puisque Shakespeare, s’il a jamais écrit, a écrit en anglais…

    Ou bien, je me disais ça : nous lirons du français, et puis nous traduirons, — du français en français. Rimbaud, par exemple… allez savoir. »

    André Markowicz


    *** 

    Public : Cette formation est ouverte à tous, mais s’adresse prioritairement aux enseignant-e-s de secondaire I et II.

    Lieu: La Manufacture
    Rue du Grand-Pré 5, CP 160, 1000 Lausanne-Malley 16



    Objectifs

    - Chercher, au travers de la lecture et en se plongeant dans la matérialité des textes, la voix personnelle de différents auteurs 

    - Prendre conscience des mécanismes de compréhension d’un texte actionné par la lecture

    - S’interroger sur le travail de traducteur et ses enjeux

    - Développer des techniques de lectures facilement transposables en classe avec des élèves

    Inscriptions

    Les inscriptions se font jusqu’au 26 octobre 2018, auprès de la HEP-Vaud


    Renseignements : HEP-Vaud / Yves Renaud

    tél. : 079 689 83 11

    L'intervenant

    André Markowicz

    André Markowicz est un traducteur et poète français né en 1960. André Markowicz s'est fait connaître par la nouvelle traduction qu'il a donnée des œuvres complètes de Fiodor Dostoïevski, entreprise commencée en 1991 par Le Joueur et achevée en 2002, avec la traduction des Frères Karamazov.

    Il s'est également occupé de retraduire le théâtre d'Anton Tchekhov en compagnie de Françoise Morvan. Leur traduction de Platonov a été récompensée par un Molière en 2006, dans la catégorie adaptation théâtrale.

    Il travaille également à de nouvelles traductions de pièces de Shakespeare, notamment Hamlet, Macbeth et Othello, et de Maxime Gorki, notamment Les Estivants, aux éditions des Solitaires intempestifs.

    Il a également traduit des œuvres d'Alexandre Pouchkine et de Nicolas Gogol.


    Traductions :

    Fédor Dostoïevski, Oeuvres complètes, Actes sud
    August Strindberg, Le songe, Solitaires intempestifs
    Marlowe, Edouard II, Solitaires intepestifs
    Shakespeare, notamment : Hamlet, Macbeth, Othello, Solitaires intempestifs
    Ostrovski, notamment : Coeur ardent, L'orage, Solitaires intempestifs
    Pouchkine, Eugène Onéguine
    Anton Tchekhov, Drame de chasse, Platonov, La Cerisaie...
    Gogol, Les Nouvelles de Pétersbourg, Le Révizor
    Ilia Kroupnik, A l'aveuglette, (avec des dessins de Semion Beïderman), Oray
    Ossip Mandelstam, Quatrième prose, Christian Bourgois
    Nicolaï Erdman, Le Suicidé, Solitaires intempestifs